Ce que nos parents ne nous ont pas appris sur l'ép

Ce que nos parents ne nous ont pas appris sur l’épargne — et le coût réel de cette lacune

Plus de la moitié des Français n’ont pas reçu d’éducation financière à la maison

Selon le baromètre annuel de la Banque de France sur l’inclusion financière (2024), 55 % des Français déclarent ne pas avoir reçu d’éducation financière de leurs parents. Parmi les 18–34 ans, ce chiffre monte à 62 %. Et l’école n’a pas compensé : la France n’a pas intégré l’éducation financière à ses programmes scolaires obligatoires.

Ce que ça signifie concrètement : une majorité d’adultes français ont développé leurs comportements d’épargne par essais et erreurs. Et on retrouve, d’une génération à l’autre, les mêmes erreurs reproductibles.

55 % — des Français déclarent ne pas avoir reçu d’éducation financière de leurs parents (Banque de France, Baromètre de l’inclusion financière, 2024). Parmi les 18–34 ans, cette proportion monte à 62 %.

La première lacune : les intérêts composés

La majorité des adultes ont une compréhension linéaire de l’épargne. Ce qu’ils n’ont pas intégré, c’est l’effet composé : les intérêts d’une année génèrent eux-mêmes des intérêts l’année suivante. La croissance n’est pas linéaire — elle est exponentielle.

La règle des 72 est utile : 72 divisé par le taux de rendement annuel donne le nombre d’années pour doubler un capital. À 5 %, un capital double en 14 ans. À 7 %, en 10 ans. Ce calcul simple, que personne n’enseigne, change radicalement la façon de voir l’épargne long terme.

La deuxième lacune : confondre l’épargne de précaution et l’épargne de construction

La plupart des Français épargnent « au cas où », sans distinguer deux objectifs fondamentalement différents. L’épargne de précaution répond à un besoin de sécurité : deux à quatre mois de charges fixes sur Livret A. Au-delà, laisser de l’argent sur un Livret A à 2,4 % représente un coût d’opportunité réel.

L’épargne de construction répond à un objectif précis (immobilier, retraite, transmission) sur un horizon défini. Elle peut tolérer davantage de risque — et ainsi accéder à des rendements supérieurs. Quand cette distinction n’est pas faite, 50 000 € restent sur un Livret A pendant quinze ans alors qu’ils auraient pu travailler autrement.

La troisième lacune : la notion d’horizon

Un euro dont on n’aura pas besoin avant quinze ans n’a pas à être géré comme un euro dont on pourrait avoir besoin la semaine prochaine. Exemple concret : 200 € par mois sur un Livret A à 2,4 % pendant 20 ans produisent environ 60 000 €. Les mêmes 200 € dans une assurance-vie en unités de compte avec un rendement moyen hypothétique de 5 % produisent environ 82 000 €. La différence — 22 000 € — est le coût de la confusion entre l’outil de précaution et l’outil de construction.

Ce que vous pouvez transmettre différemment

Vous n’avez pas besoin d’être expert pour transmettre ces trois concepts à vos enfants. La règle des 72 s’explique en deux minutes. La distinction précaution/construction peut se faire avec un exemple de vie réelle. Ce qui manquait à la génération précédente, c’est souvent la permission de parler de ces sujets — pas la capacité de les comprendre.

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Sources & références

Cet article a une visée pédagogique. Il ne constitue ni un conseil en investissement personnalisé, ni une recommandation d’achat ou de vente.

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